jeudi 28 juin 2012


Togo : Ferrex en bonne position


La junior minière australienne Ferrex pense pouvoir débuter l'exploitation du gisement de manganèse de Nayega, au nord du Togo, dès 2013. 250 000 tonnes sont attendues chaque année.






La société minière australienne Ferrex devrait commencer à exploiter la mine de manganèse de Nayega, dans le nord du Togo, dès l'année prochaine. Le gisement de manganèse est estimé à un peu plus de 6 millions de tonnes. Le minerai devrait avoir sensiblement la même qualité (teneur en manganèse : 38 %) que celui attendu dans le nord de l'Afrique du Sud à Leinster, où Ferrex opère également. « Ceci est une mise à jour très encourageante, a souligné très récemment Dave Reeves, directeur général de Ferrex. Le projet Nayega sera notre première opération d'exploitation minière nécessitant de faibles investissements en capital et contribuant  positivement et à court-terme aux flux de trésorerie de la société. »
Stratégiquement située...
Selon les estimations, l'investissement nécessaire est en effet faible : moins de 15 millions de dollars. La production, elle, pourrait atteindre 250 000 tonnes par an et rapporter environ 50 millions de dollars par an à la petite société minière, cotée sur le segment alternatif de la Bourse de Londres depuis le milieu de l'année 2011. D'un point de vue logistique, la mine de Nayega est située près de Dapaong sur l'axe très pratiqué menant du Burkina au port en eaux profondes de Lomé, à 600km au sud. Selon Ferrex, une nouvelle route est en construction et d'importantes capacités de transport sont encore disponibles qui permettront d'évacuer la production de manganèse.


lundi 25 juin 2012


Tunisie : des banques essoufflées



Trop éclaté et sous-capitalisé, le secteur bancaire tunisien ne joue pas le rôle moteur qui devrait être le sien.











Face à une économie atone et à un taux de chômage jamais atteint, la faiblesse et l'immobilisme du secteur bancaire tunisien sont devenus un sujet d'inquiétude majeur. « Les banques ne jouent pas leur rôle de moteur de l'économie », tempête l'économiste Dhafer Saidane. En raison de fonds propres insuffisants, et ce malgré les augmentations de capital effectuées ces dernières années, elles sont dans l'incapacité d'augmenter leurs volumes de prêts. En Tunisie, le paysage bancaire reste atomisé. Quatre grandes banques gèrent 51 % des actifs, mais onze petits établissements se partagent 15 %, et le reste est disséminé.

« Il serait souhaitable de procéder à des fusions, comme celle qui était annoncée entre STB et la Banque de l'habitat avant la révolution. Mais je doute que l'État [actionnaire des deux établissements] veuille le faire, car cela aboutirait à un plan social », décrypte un financier tunisien. Ce statu quo pourrait engendrer in fine un coût économique et social bien plus important qu'une réforme du secteur.
De leur côté, les banquiers mettent en avant les efforts consentis pour aider les entreprises en difficulté et les progrès réalisés ces cinq dernières années pour réduire leur niveau de créances douteuses, passées de 20 % il y a cinq ans à 12 % aujourd'hui. D'ailleurs, les crédits consentis au clan Ben Ali ont été largement provisionnés.
Des évolutions insuffisantes, estime Dhafer Saidane. « Les banques n'ont pas compris que la Tunisie vit un moment historique. Il faut absolument qu'elles fassent plus d'efforts pour augmenter l'épargne et la transformer en crédit », explique-t-il. Problème, après avoir connu une évolution à deux chiffres, la croissance des dépôts s'est ralentie, et certains gros pourvoyeurs d'argent frais, affaiblis par les grèves à répétition, ont tendance à puiser dans leur bas de laine.


samedi 23 juin 2012



Mauritanie : Groupe LOE crée sa banque

Déjà propriétaire de Mauritanie Leasing, le groupe de Limam Ould Ebnou a obtenu l'agrément pour lancer la Banque populaire islamique.





Le Groupe LOE, détenu et dirigé par Limam Ould Ebnou, a reçu l'agrément de la Banque centrale de Mauritanie en vue de créer sa propre banque. Fondateur à la fin des années 90 de Mauritanie Leasing, le seul acteur du crédit-bail et de l'affacturage du pays, Limam Ould Ebnou pourra ainsi lancer dans les semaines qui viennent un nouvel établissement bancaire sur le marché, sous le nom de Banque populaire islamique (BPI). « Nous voulions diversifier nos activités et cet agrément est la récompense des efforts que nous avons faits depuis plusieurs années en faveur de l'économie du pays », souligne Limam Ould Ebnou. La BPI sera la deuxième banque islamique du pays. Elle ciblera à la fois les entreprises et le grand public. « La banque de proximité n'a pas été développée dans le pays, notamment parce qu'il y a une aversion de la population au principe de l'intérêt. C'est pour cela que nous créons une banque islamique », ajoute Limam Ould Ebnou.
Un marché en mouvement
Avant l'ouverture de la première agence dans la capitale, Nouakchott, sans doute en fin d'année, le Groupe LOE cherche des partenaires financiers pour l'accompagner. Le capital minimum requis pour les banques est de 20 millions de dollars. Aux commandes de Mauritanie Leasing, qui compte quelques centaines de PME clientes et réalise une vingtaine de millions de dollars de chiffre d'affaires annuel, le groupe familial mauritanien ne devrait guère avoir de difficultés pour séduire des investisseurs.
Avec onze banques en activité, et l'arrivée ces dernières années de nouveaux acteurs tels qu'Attijariwafa Bank, le secteur bancaire mauritanien se développe plus rapidement qu'auparavant. Mais le taux de bancarisation reste faible, autour de 4 à 5%. Fin 2010, 215 000 comptes bancaires étaient recensés. Jusqu'à l'agrément de BPI, une seule banque islamique opérait sur le marché : la Banque islamique de Mauritanie, dont les portes ont ouvert fin 2011.



Cameroun : mettre les voisins sous tension

Le Cameroun veut devenir l'un des principaux exportateurs d'électricité du continent alors qu'il peine encore à couvrir ses besoins. Pourtant, la mission ne semble pas impossible.




Devenir l'un des principaux exportateurs d'électricité sur le continent : l'objectif est lointain - pour le moment, la production des centrales camerounaises ne suffit pas à satisfaire la demande nationale. Mais il ne semble plus inaccessible, si Yaoundé continue de mettre les bouchées doubles pour boucler les chantiers en cours et trouver des financements, publics et privés, pour les projets prioritaires identifiés dans son Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (DSCE) 2010-2020.
Le coût global de la réalisation des infrastructures de production et de transport d'électricité est estimé à plus de 5 850 milliards de F CFA (près de 9 milliards d'euros) sur dix ans, auxquels s'ajoutent 663 milliards de F CFA pour le programme d'électrification rurale. Mais la vétusté, la saturation et le manque d'interconnexions des infrastructures existantes freinaient à tel point le démarrage de la politique industrielle et de diversification engagée par le gouvernement que ce dernier n'avait plus d'autre choix.

Son plan énergétique vise à résorber le déficit du pays (40 GWh par an) pour porter la puissance installée à 5 000 MW d'ici à 2020 (contre 1 337 MW actuellement) et répondre à la forte croissance prévisionnelle de la consommation des ménages et des industriels. Le second objectif, qui a d'ailleurs permis de mobiliser un peu plus les partenaires régionaux et internationaux, est d'exporter les excédents.

Premiers clients
Le Cameroun dispose du deuxième potentiel hydroélectrique du continent (après la RD Congo), estimé à 20 GW. Si à peine 6 % de ces ressources sont exploitées, elles fournissent déjà la plus grande partie de son électricité (95 %) et en font le plus important producteur de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), dont seuls 35 % des 40 millions d'habitants ont accès à l'électricité. Les besoins de la sous-région sont estimés à 13 000 MW par an et augmentent au rythme de la croissance économique.
Parmi les premiers clients sur les rangs figure le Tchad, avec une puissance installée de 245 MW et un taux d'accès à l'électricité inférieur à 3 %. Mais aussi le géant nigérian, qui ne dispose que de 3 000 MW de puissance installée (quinze fois moins que l'Afrique du Sud, pourtant trois fois moins peuplée). Le Cameroun veut donc valoriser son potentiel pour approvisionner ses voisins.
L'opérateur AES-Sonel (dont le capital est détenu à 56 % par le groupe américain AES et à 44 % par l'État camerounais) investit ainsi massivement pour augmenter ses capacités, en mettant à niveau les complexes existants et en diversifiant la production via la construction de centrales thermiques. Une option qui présente l'avantage de maintenir les niveaux de production en cas d'aléas climatiques, mais aussi de nécessiter des investissements et des chantiers beaucoup moins lourds que les complexes hydroélectriques. Dans la course contre la montre engagée par le pays, c'est un aspect non négligeable.

lundi 18 juin 2012


Dette : la Côte d'Ivoire reprend les paiements



Un an et demi après avoir fait défaut sur sa dette, l'État ivoirien annonce avoir repris ses paiements le 12 juin : près de 44 millions de dollars ont été transférés aux créanciers.







Fin du suspens et des inquiétudes pour les créanciers privés détenant les titres Brady (ex-du club de Londres) : l’État ivoirien a honoré le 12 juin, le premier coupon de l’année 2012, soit 23 milliards F CFA.  Une promesse que les autorités du pays avaient faite le 23 janvier dernier lors de négociations à Londres. « Nous avions promis un paiement de bonne foi à nos partenaires de Londres. Depuis, le 12 juin, nous avons ordonné le paiement de la première échéance de l’année 2012 des eurobonds. 23 milliards F CFA (43,727 millions de dollars) ont été transférés via la Citibank » explique Adama Koné, le directeur général du Trésor ivoirien. 
Paiement des arriérés en 2013
Dans l’optique du point d’achèvement de l’Initiative PPTE, annoncé pour fin juin, le gouvernement avait pour obligation de réduire une partie du stock de sa dette extérieure. «  Nous avons déjà programmé le calendrier des négociations sur le paiement du stock restant de la dette des créanciers du titre Brady. Après le PPTE, nous irons début juillet négocier le règlement du stock des arriérés des échéances de 2010 et 2011 qui n’avaient pas été réglées à cause de la grave crise post-électorale. Le paiement pourrait débuter en 2013. Notre stratégie sera de négocier le paiement sur deux ans » a confié le patron du Trésor.  La Côte d’Ivoire cumule un stock d’arriérés de 2,3 milliards de dollars US envers l’ex-Club de Londres.


 

dimanche 17 juin 2012


Centrafrique : un démocrate de l'internet


Avec le soutien du fonds Central Africa SME, Millenium Telecom entend rendre internet plus accessible en Centrafrique. Un pays dans lequel les abonnements coûtent aujourd'hui plus de 150 dollars par mois.






Millenium Telecom part à l'assaut d'internet en Centrafrique. La jeune société, fondée mi 2011 par l'ancien directeur général de Moov Centrafrique (Etisalat), Souleymane Diallo, entend rendre internet plus accessible dans un pays où sa pénétration reste inférieure à 1%. Face à lui, les trois opérateurs mobiles (Orange, Moov et Telecel) et l'opérateur historique, la Socatel. « Ces opérateurs n'ont développé des offres internet que depuis deux ou trois ans et ils se sont concentrés surtout sur les grandes entreprises, analyse Souleymane Diallo. Notre volonté est de démocratiser davantage l'accès à internet. »
Des cartes pré-payées
Alors que l'accès à la fibre optique n'est prévu que dans un an environ, les prix restent très élevés : à partir de 150 à 200 dollars par mois pour un abonnement internet et jusqu'à 500 dollars pour une connexion de meilleure qualité. « Nous allons faire de l'internet à la carte. Jusqu'alors, un client devait s'abonner au mois. Nous allons commercialiser des cartes pré-payées qui permettront d'acheter par exemple 1h d'internet », ajoute Souleymane Diallo.
Alors que l'offre commerciale doit être lancée en août prochain, Millenium Telecom a reçu le soutien du fonds Central Africa SME, dédié à la RD Congo et à la Centrafrique. Géré par XSML, ce financier a annoncé ce jour (13 juin) avoir apporté 350 000 dollars à la société, sous forme de capital et de prêt. « Millenium Telecom utilise les dernières technologies 4G Wimax, se réjouit Jarl Heijstee, associé chez XSML. Cela requiert moins de tours de télécommunications et permet un débit internet plus rapide. Le taux de pénétration d'internet au Cameroun voisin, de l'ordre de 4%, laisse entrevoir de belles perspectives à la société. » Millenium Telecom vise 4 000 à 4 500 clients d'ici 2013. Un petit pas supplémentaire dans la démocratisation d'internet en Afrique



Vers un décollage de l'UEMOA ?



Grâce au retour au premier plan de la Côte d'Ivoire, l'Union économique et monétaire ouest-africaine s'affiche comme la sous-région la plus dynamique de toute l'Afrique.







Portée par la relance de la Côte d'Ivoire (près de 40 % du PIB de la zone), l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui regroupe huit pays d'Afrique de l'Ouest ayant le franc CFA en commun, devrait afficher cette année la plus forte croissance sous-régionale en Afrique. D'à peine 1 % en 2011, elle pourrait dépasser les 6 % en 2012. Même si elle n'atteint que 5,3%, comme la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest vient de l'indiquer récemment, la performance sera toujours au-dessus de la moyenne du continent, autour de 5 %. « Le redressement de la Côte d'Ivoire aura un impact positif sur les pays enclavés [Niger, Mali, Burkina Faso, NDLR], grâce à la reprise des échanges commerciaux, des envois de fonds et des investissements », indique le Fonds monétaire international (FMI).

Alors que la crise au Mali (5 % de croissance en moyenne ces dernières années) et l'instabilité en Guinée-Bissau font planer quelques incertitudes sur la zone, le rétablissement ivoirien ouvre tout de même des perspectives favorables. Dans une étude récente, Ecobank est encore plus optimiste et table sur une croissance moyenne de 7,8 % pour la zone dans les trois prochaines années. La seule Côte d'Ivoire devrait enregistrer une progression de 8 % en 2012 et de 6,5 % l'année suivante, selon la Banque africaine de développement (BAD). Mais le président Alassane Ouattara table pour sa part sur 10 % sur trois ans à partir de 2013.
Même si l'ampleur des besoins de financements de la Côte d'Ivoire pourrait assécher le marché financier régional et pénaliser les autres pays de la zone, la sortie de plus d'une décennie de crise devrait contribuer au renforcement de l'intégration et à l'accélération des projets régionaux. Par exemple : celui du Fonds de développement énergie (FDE), dont l'objectif est de résorber le déficit énergétique de la sous-région en capitalisant notamment sur son potentiel hydroélectrique.
Autres atouts de l'UEMOA : un marché de plus de 90 millions de consommateurs et au moins trois grands ports (Abidjan, Lomé et Cotonou) permettant de desservir la sous-région. Celle-ci compte aussi, avec le Burkina Faso, le premier producteur africain de coton et, avec le Niger, l'un des leaders mondiaux de la production d'uranium.